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  • : Le blog de djordj
  • : un blog sur le giallo, ce genre particulier du cinéma Italien ainsi que sur les genres s'en rapprochant: le Krimi, le Poliziotto, le slasher movie
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 10:56

Mais que se passe t'il ,vous demandez vous ? Voila que l'on va parler d'un film 100% (et sang pour sang) Américain, alors qu'au départ on avait clairement dit et établit que le giallo était un genre de film spécialement Italien. Oui mais voilà: le genre a fait des émules et certains réalisateurs étrangers n'ont pas hésité  à lui rendre hommage. Et , Brian de Palma est un de ceux-la. "Dressed to Kill" fut son premier, mais pas son dernier film à s'inspirer (peu ou prou) des gialli italiens.

Dressed to kill (Pulsions), 1980, réalisé par Brian de Palma (USA), avec: Michael Caine (Docteur Robert Eliott), Angie Dickinson (Kate Miller), Nancy Allen (Liz Blake), Keith Gordon (Peter Miller). Bien que quadragénaire, Kate Miller souffre de pulsions sexuelles incontrôlables dues à la défaillance sexuelle de son mari. En proie à des phantasmes violents, elle consulte régulièrement (comme toute bonne bourgeoise américaine qui se respecte) un psychiatre, le docteur Robert Elliot, qu'elle tente d'ailleurs de séduire lors d'une de ses séances. Tentative qui se révèle rapidement être un échec. Cependant, alors qu'elle visite un musée, juste après sa scéance thérapeuthique, elle se fait draguer par un inconnu qui la "kidnappe" pour un 5 à 7 purement sexuel dans son petit appartement new-yorkais. En sortant de chez l'inconnu, Kate se fait sauvagement assassiner dans l'ascenceur, à grand coups de rasoir, par une mystérieuse blonde toute gantée et de cuir noir vétue. La scène cependant à un témoin en la personne de Liz Blake, une prostituée de luxe, qui se trouvait la par hasard à attendre l'ascenceur après avoir, elle aussi, fait un 5 à 7, purement professionnel. La jeune femme va vouloir aider le fils de la victime, le jeune Peter, a trouver l'assassin de sa mère. Ce faisant, il se pourrait bien aussi qu'elle devienne la prochaine proie de la mystérieuse blonde au rasoir....

 
Considéré à sa sortie comme un superbe hommage à Hitchcock, à cause uniquement de la très belle séquence se déroulant au musée qui fait inévitablement songer à "Vertigo", "Dressed to kill" n'en demeure pas moins aussi très influencé par le giallo auquel il emprunte une sène tirée de "L'oiseau au plumage de cristal". Mais il était moins flatteur à l'époque de comparer Brian de Palma à Dario Argento qu'à Hitchcock, ce qui fait que la critique, unanime, a préféré citer l'oncle Alfred, qui avait pas mal tourné en plus aux USA, plutot que de faire allusion à un genre cinématographique "populaire" et de surcroit typiquement Européen, voir Italien, connu uniquement d'une poignée de cinéphiles new-yorkais !!! D'ailleurs, la pluspart des critiques américains de l'époque n'avaient certainement jamais, ou presque, du entendre parler de Dario Argento... Et pourtant c'est bien au pape du giallo que Brian de Palma fait directement référence avec la scène de la mort d'Angie Dickinson dans l'ascenceur. Certes, vous me direz que dans le film d'Argento la scène dure à peine une petite minute alors que dans le film de de Palma elle en dure au moins dix, mais regardons-y de plus près si vous le voulez bien...
1ère similitude: la pauvre victime (que ce soit dans "L'oiseau..." ou dans "Pulsions" pénètre dans l'ascenceur. Dans "L'oiseau...", une jeune femme vient de quitter son amant qui l'a raccompagné au pied de son immeuble. Au moment de prendre l'ascenceur, elle s'apperçoit que celui-ci est bloqué quelques étages plus hauts. Son amant est parti et il faut qu'elle grimpe à pied, et dans le noir. car apparement la veilleuse de l'escalier ne marche pas, jusqu'au 3è pour prendre cet ascenceur. Arrivé à l'étage, au moment de pénétrer dans l'ascenceur, elle se fait assomer par derrière, poussser de force dans l'habitacle,  puis son agresseur, vétu(e) d'un imperméable noir et portant des gants de cuir noir, sort de sa poche un rasoir coupe chou et commence sauvagement à taillader sa victime.

La scène dans "Pulsion" est beaucoup plus longue, mieux filmée (les ascenceurs américains sont plus spacieux") mais les ressemblances sont troublantes. De plus, certains plans sont filmés subjectivement. La caméra devient les yeux de l'assassin, exactement comme dans un giallo. La mise à mort n'en est que plus belle...

Angie Dickinson, vient de quitter à toute vitesse l'appartement de son "amant" car elle vient de découvrir qu'il est atteint de la syphilis... Elle  n'a pas encore vu qu'elle est espionnée par son assassin qui est caché derriere la porte des escaliers de secours..

L'assassin la voit monter dans l'ascenceur, mais arrive trop tard. La porte s'est refermée avant qu'il (ou elle) ne puisse entrer.
Angie Dickinson s'apperçoit qu'elle a oublié son alliance chez son amant. Elle tente de faire remonter l'ascenceur mais celui-ci s'arrete à l'étage en dessous. Une femme et sa petite fille montent et appuie sur le bouton menant au rez de chaussée. La petite fille n'arrète pas de fixer Angie Dickinson, ce qui la met mal à l'aise. Symboliserait-elle sa (mauvaise) conscience ? Une fois la sale mioche partie, Angie appuie sur le boton du 7è étage et remonte vers sa cruelle destinée...

La porte s'ouvre. Une femme blonde, vétue d'un imperméable noir et potrtant des gants de cuir noirs entre, sort un rasoir coupe-chou de sa poche et commence à agresser Angie Dickinson. La scène est filmée sous plusieurs angles, la violence n'en est que plus intense, et notament à travers le miroir d'angle de l'ascenceur (alors que Dario Argento, vu la taille exigue de l'ascenceur italien n'avait malheureusement pu filmer que sous un seul angle).
 
Nancy Allen, la call girl qui vient juste de ffinir une passe, guette l'arrivée de l'ascenceur avec son client et parle de bourse (non, pas celles la, j'ai dit bourse, sans S à la fin, donc je parlais des valeurs monétaires, quoi que les bourses dans sa profession, ont aussi une valeur monétaire...). Quand la porte s'ouvre et que celui-ci découvre le carnage, il s'enfuit en courant. Nancy Allen tente de porter secours a la malheureuse Angie, qui est toujopurs vivante et semble ne pas s'appercevoir que la tueuse, cachée dans un renfoncement de l'ascenceur la guette, prète à la taillader elle aussi. C'est le reflet de la lumière sur la lame qui attire son regard. Elle apperçoit l'assassin dans le miroi d'angle, recule pour ne pas être elle aussi agréssée. La meurtrière , qui depuis le temps s'est chopée une crampe dans la main, laisse tomber le rasoir à terre. Allen , moins blonde que l'autre, arrive a le récupérer juste avant que la porte de l'ascenceur ne se referme, laissant Angie seule avec son assassin.

A ce moment là, une pauvre technicienne de surface, qui trainait par la, commence à pousser des cris stridents, pensant que la pauvre Allen, qui n'est plus très fraiche après ce qui vient de se passer, et qui tient le rasoir ensanglanté à la main, est une folle armée d'un rasoir.
 
Meurtre sauvage au rasoir, imperméable noir, gants de cuir, assassin masqué (ici perruque et lunettes de soleil): la référence au giallo est donc plus qu'évidente. D'autres scènes d'ailleurs viendront rendre hommage au genre tout au long du film. Celle ou Nancy Allen, pour échapper à la mystereuse blonde se réfugie dans le métro New-Yorkais. Mais,  comble de malchance, elle se fait embetter par une bande de voyous qui la poursuivent dans la rame (et la, curieusement, c'est Dario Argento qui rendra plus tard hommage à cette scène dans son flm "Le sang des innocents", la pauvre blonde fuyant son assassin dans un train) . Elle s'enferme alors dans le passage situé entre deux wagons, sans se rendre compte que le véritable danger est justement derière elle (voir le rasoir entouré photo n°3). Il faut dire qu'à sa décharge, la pauvre est vraiment blonde...

Celle ou Nancy Allen se retrouve en porte-jaretelles chez le docteur Eliott sans savoir que la blonde y est aussi...

Enfin, la scène du meurtre d'Allen, ou la blonde, après s'être échappé de l'asile ou elle était soignée (en étranglant très giallesquement son infirmière), se retrouve dans l'appartement d l'infortunée call-girl. Alors qu'elle est en train de prendre sa douche (ce qui a effectivement du appeller à la comparaison avec Hitchcock et "Psychose"), Nancy Allen apperçoit une paire de chaussures sur la moquette juste derrière la porte de la salle de bain. Se dirigeant sans bruit vers l'armoire à Pharmacie au dessus du lavabo pour y prendre son rasoir coupe-chou (qui lui sert à s'épiler les aisselles?), elle se fait quand même tailler la gorge par la blonde qui en fait se cachait derrière l'armoire à pharmacie (improbable mais bon..., vu le dénouement on peut admettre!)

Sinon:
Ce à quoi on a échappé: à l'origine, Brian de Palma souhaitait que ce soit la comédienne Liv Ulmann qui interprète Kate Miller, mais l'actrice Bergmaniènne refusa le rôle qui relança la carrière d'Angie Dickinson. Brian voulait aussi Sean Connery pour jouer le rôle de Michael Caine, mais notre ex-James Bond n'a pu accepter  pour des raisons de planning.

Ce qui ne nous a pas échappé: la longue séquence hommage à Hitchcock qui se passe au musée à été filmée en exterieur à New-York (ou est censée se dérouler l'action du film). Mais c'est au Musée de Philadelphie (le Philadelphia Muséum of Art) qu'ont été tournées toutes les scènes d'intérieur...
Ce n'est pas la poitrine d'Angie Dickinson qui apparait nue sous la douche, mais celle d'une doublure. Idem pour la foufoune car l'actrice, surtout célèbre pour le galbe de ses gambettes et alors agée de 49 ans, n'avait nullement l'intention d'entamer une carrère érotique. Par contre, c'est bien Madame de Palma (Nancy Allen) qui apparait toute nue dans la scène sous la douche à la fin du film.
Brian de Palma joue sur les mots. En effet, en argot, "Dressed to kill" veut dire grosso modo: "Etre sur son 31, être tiré à 4 épingles". Mais cela veut aussi dire" Etre habillé -déguisé pour tuer""...
Le film de Brian de Palma n'est pas un remake du film éponyme de Roy Willima Neil de 1946, qui était en fait une aventure du célèbre dectective Sherlock Holmes, joué par Basil Rathbone. Elémentaire mon cher Watson...!



Ce à quoi on ne pourra pas échapper: Par contre, après le décevant remake de "Sister", MGM prépare un remake de "Dressed to kill", qui pourrait bien être réalisé par l'illustre Rick Alexander, qui vient de produire le remake de "Conan le barbare" et qui en écrirait aussi le scénario. D'après l'homme, (que personne ne connait vraiment car il n'a écrit jusqu'ici le scénario que d'un seul film, "Subatomic", dont personne n'a entendu parler) ce remake se démarquerait de l'originalcar il le rendrait beaucoup plus d'actualité. Ce qui veut tout dire et rien dire du tout... Il semblerait que ce remake soit directement destiné au marché de la vidéo et qu'il ne passerait pas (au moins aux Etats Unis) en salle.
 

A signaler l'excellente bande son de Pino Donaggio qui signa la musique de quelques autres gialli comme "Sotto il vestito niente" (de Carlo Vanzina) , 'Un delitto pocco comune" (de Ruggero Deodato avec Edwige Fenech et Michael York)"Vous aimez Hitchcock?" (de Dario Argento) et qui signa la musiquye des premiers  Briande palma dont celle de "Body Double" un autre thriller faisant référence au giallo et dont nous parlerons bientôt


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Published by djordj - dans giallo étranger
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