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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 17:43


"Peur sur la ville" de Henri Verneuil (1975), avec Jean-Paul Belmondo, Charles denner, Rosy Varte, Léa Massari.
De retour en France, sur le tournage du film de Bébel dont nous venons de parler, Ginette, notre foldingue de script-girl n'en fait qu'à sa tête ! Et commet bourde sur bourde... C'est bien simple, si on les vendaient au gramme, on ferait fortune !
Mais chut, regardez plutot...

Je vous passe les détails saugrenus dans les courses poursuites en voitures,  par exemple, ou les voitures "figurantes" changent à la fois de couleur et de marque suivant les plans... Il reste suffisament tout au long du film de détails qui tuent, détails certes saugrenus mais parfois tellement gros qu'ils auraient, en d'autres temps et d'autres lieus, valuent à la pauvre Ginette d'être lapidée!!!!

Ca commence fort, et ceci dès la 12è minute! Notre beau Bébel, alias le commissaire Letellier, arrive dans un bar sordide d'extrème banlieue, et se présente au taulier. Il lui sort sa carte et la pose sur le comptoir (photo 1). Et dans le plan suivant, ou il est donc de dos, il la tient à la hauteur de sa poitrine. Dur, dur le plan raccord !!!!

Ca continue, pourquoi arréter une équipe qui gagne... Letellier pose la photo de Marcucci, le ganster qu'il recherche sur un présentoir à oeufs qui se trouve sur le comptoir et suivant les scènes, la photo est soit penchée, soit bien droite, sans que personne n'y ait touché.
.
Partons maintenant à Asnières (petit salut amical à Jean-Ya et Patou en même temps...) ou se déroule l'attaque de la banque (la BNPI, salut Rico!), attaque qui est censée se dérouler deux ans auparravant, soit en 1972 puisque tout le film est censé se passer au mois de décembre 1974 (cela aura son importance plus tard, souvenez vous en!!!). Eh bien, en regardant une des affiches publicitaires qui ornent le devant de la BNPI (en fait il sagit de la mairie d'Asniere, mais bon, après tout ce n'est qu'un décor), on voit bien sur cette affiche en haut à droite marqué l'année 1974. O tempora, ohhh Ginette!!!!

Remarquez aussi que la dite affiche, après avoir essuyé une balle qui a cassé sa vitre de protection (mort du 1er truand), est tombée,(mort du 2d truand) or elle est de nouveau bien droite dans la séquence suivante ou Marcucci s'enfuit dans une voiture...

Lorsqu'ils interrogent le concierge de l'immeuble ou Lea Massari s'est défenestrée, le policier dit à Belmondo que l'appartement de la morte est située au 17è étage (la fenêtre allumée sur la photo, qui semble si proche du sommet de la tour...) Or plus tard le brave concierge dit à Belmondo que la tour fait 48 étages. Si je connais bien la tour Montparnasse, qui fait 59 étages... je ne connais pas encore de tours de 48 étages dans Paris... Mais je peux me tromper.

Une tour ou il se passe de droles de choses... Ainsi, le policier qui relève les empreintes sur la fenêtre de la victime change de position (debout puis à genoux) selon la position de la caméra, et ce dans deux plans successifs... Mauvais raccord donc!

Tout comme la scène ou Letellier va interroger l'ex amant de Lea Massari. Avant de sauter par la fenetre qui va le mener au balcon de l'immeuble il a deux boutons qui ferment sa veste et le plan suivant il n'en a plus qu'un...

Juste avant que l'ex ne lui tie dessus, il a sa veste ouverte. Il se laisse tomber pour eviter la balle et lorsqu'il remontera quelques minutes plus tard, a la force du poignet, il aura de nouveau 1 bouton fermant sa veste. Trop fort! Suspendu dans le vide, notre Bébel n'a pas voulu réapparaitre en tenue négligée...

Un peu plus tard, lorsque Bebel et Denner seront de retour à leurs bureaux, ce sera au tour d'un des adjoints de Bébel de nous jouer " la valse des boutons" qui se "reboutonnent" tous seuls.

Revenons à l'appartement de l'ex amant de Léa Massari. Et découvrons ensemble la phrase qui tue (et pourtant les dialogues sont de Michel Audiard, alors que les décors ne sont pas de Roger Arthes ni les boutons du costume de Donald Cardwell):
"C'est vrai qu'il a le coeur qui saigne."
Mais dis moi Ginette, le coeur, il est pas à gauche, normalement ?

Il n'y a pas que les boutons dans ce film qui jouent à "J'apparais, je disparais..." De temps en temps, Bébel porte une seule chevalière, à son auriculaire gauche et de temps en temps une à chaque petit doigt... comme dans la scène de voiture ou il se rend au domicile de Rosy Varte, ou il a deux chevalieres alors que lorsqu'il est sur le palier de Rosy Varte il n'a plus de chevaliere à la main droite.

Et on se demandera après pourquoi France-Soir a disparu... La Une est datée du 1er décembre alors que l'intérieur du journal est daté du 30 Novembre!!!  Ca va pas, ça!
Quand Bébel arrive en voiture, une R16 bleue, devant l'immeuble de la seconde victime, Rosy Varte, sa vitre est fermée. Or, plan suivant elle est tellement ouverte qu'il peut sortir son bras pour lire Dante...

Vous aviez noté vous aussi que lorsque Belmondo et Denner arrivent au pied de l'immeuble de Rosy Varte, le sol est trempé car il pleut (on voit même une dame avec un parapluie). Eh bien quand Bebel est sur le toit, quelques minutes plus tard, curieusement les toits de la capitale sont tous secs. Pas une goutte d'eau dans les gouttières... Remarquez, courir sur des toits mouillés, même lorsqu'on s'appelle Belmondo, c'est quand même risqué!

Une fois qu'il est la haut, tout se complique. A un moment donné, JP B saute d'un toit à un autre. Faux raccord. Le toit d'ou il saute est en tole au départ, mais quand il attérit, en fait, il vient de sauter d'un toit en béton.

De même, lorsque Belmondo essaye de regrimper un toit en pente, car il a malencontreusement glissé et n'a du sa survie qu'à une goutière, eh bien les voitures stationnées en bas, derrière l'Opéra, ne sont pas les mêmes suivant l'angle de la caméra... Les 4 blanches ont disparues sur la 2e photo, et une bleue grise est apparue (en 2è position en partant de la gauche) donc le temps que Belmondo rmonte de quelques mètres et reglisse, 4 voitures ont eu le temps de se dégarer et une cinquième le temps de prendre la place d'une autre, le tout en moins de 10 secondes. Fortiche ces figurants !!!!

Une fois sortit des Galeries Lafayettes (la ou il se passe toujours quelque chose!), on voit nettement sur la porte une affiche annonçant l'ouverture du magasin le 1er et le 1 Novembre (jours fériés). Mais on est pas supposé être en décembre ? Le 1er ?Souvenez vous du journal plus haut...Ca fait un peu désordre!

Et puis je confirme, que les trottoirs de Paris sèchent très très vite! Regardez, au début de la séquence, quand Belmondo et Denner sont arrivés 1/4 heure plus tôt, les trottoirs étaient vraiment mouillés. Le temps de faire une petite ballade sur les toits et, hop, tout est sec comme un jour d'été!

Souvenez vous, je vous ai parlé des erreurs dans les dates plusieurs fois. Lors du générique, qui montre Paris (la ville), la nuit, on voit les Champs-Elysées illuminés (normal, puisque c'est début décembre, donc bientot Noel !). Or, au milieu du film, lorsque Belmondo laisse tomber la poursuite de Minos pour reprendre celle de son ennemi juré Marcussi, qui se trouve sur les Champs-Elysées, ceux ci ne sont pas encore décorés avec des guirlandes. Pourquoi ? La poursuite a été tournée en novembre, souvenez vous des dates affichées sur la porte des Galeries Lafayette. Trop bête !!!!

La voiture du commissaire Letellier change d'immatriculation en cours de poursuite (ils sont doués les mecs,, je te dis pas  pendant que Bébel conduit à 100 à l'heure dans Paris, y'a un technicien accroché aux pare-chocs qui change les plaques et sans se faire voir par la caméra...) Ainsi au départ de la poursuite avec Minos la plaque est 631 ACA 75, puis change en 6225 DG 92 à la sortie de la place de la concorde, redevient le 631 ACA 75 jusqu'à ce qu'il laisse partir Minos à la hauteur du Pont de l'Alma pour aller à la poursuite de Marcucci sur les Champs Elysées ou la plaque se rechange en 6225 DG 92. Le commissaire Letellier s'arrete  au rond-point pour attendre le gangster, mais une fois qu'il redemarre, la plaque redevient 631 ACA 75... jusqu'à la fin du film. Ouf!


Mais il n'y a pas qu'en voiture que les plaques changent... Dans le métro, ou Marcucci vient de se réfugier aussi, il s'en passse des belles. Ainsi lorsque Belmondo commence à descendre par un escalier, il arrive par un escalator...

Notre brave Ginette, qui n'a toujours pas retrouvé ses lunettes, continue les bourdes et de plus belle... Marcucci grimpe dans le métro qui va à Nation, par Denfert Rochereau, ligne n°6 donc (merci Hervé!). Le n° de la rame est le 603, comme le confirme l'appel lancé par le central au conducteur quelques minutes plus tard.
Conducteur donc qui est censé être seul au départ et qui se retrouve à être trois à la fin, et vous notterez que le conducteur du départ n'est même plus la, alors que la rame ne s'est plus arrété à aucune station depuis le début de la poursuite...

Les wagons, qui sont pleins de gens vus de l'interieur, sont curieusement assez vide lorsque la caméra filme cela de l'exterieur... On sait qu'il sagit (normalement) du même wagon car les gens viennent de lever la tête en entendant Jean Paul Belmondo marcher au dessus de leurs tetes...

Amusant tous ces petits détails! De même  Belmondo, qui est sur le toit du métro repasse deux fois de suite en deux seconde (deux plans différents en fait, devant le panneau Nation, alors qu'il n'y a qu'un seul panneau de ce type par station...


Autre détail de pinailleur de mouche que je suis: lorsque Marcucci pénètre dans le wagon, celui qui se trouve en tête de rame, la Pub au fond du wagon est jaune (même si on ne voit pas bien pour quelle marque elle est, elle a un fond jaune!). Or, quand Belmondo va (enfin) pénétrer dans ce même wagon, la pub a changé. Et n'a plus un fond jaune du tout!

Une fois le truand envoyé "ad patrès", Belmondo se fait sermoner par ses patrons (toujours sympas les patrons...) dans un bureau. Il prend de l'eau dans un distributeur. Le niveau des gobelets a tendance à drolement diminuer en deux plans... Surtout que Bébel n'a (normalement) utilisé qu'un seul gobelet !    

Dans la scène ou l'infirmier (Minos en fait,  je ne trahis rien, le spectateur le sait depuis longtemps) vient narguer Letellier dans son fief, cad dans ses bureaux, malgré ses Ray-Ban, on voit très bien l'acteur cligner sans cesse des yeux. Or, il ne devrait pas, pas du moins de l'oeil  gauche puisque celui-ci est censé être un oeil de verre !

La dernière proie de Minos, l'actrice porno Paméla Sweet, habite au 25è étage d'une tour du 15è arrondissement (fenêtre allumée sur la photo n°1). Or, à un moment donné, la police a fait placer sur des toits avoisinant des tireurs d'élites. Des toits supposés donc être à peu près à la même hauteur si ils doivent tuer Minos avec un fusil. Ce qui ne plait pas à Minos qui les fait chasser par Belmondo. Et quand ce dernier, monté sur un des toits, fait partir les tireurs, il se penche vers le vide et crie à son adjoint Moissac de faire dégager aussi la presse qui se trouve donc en bas. Comme Moissac se trouve  (à peu près) 25 étages plus bas, on suppose qu'il a une très bonne ouie! Non ?

Enfin, dernière scène tronquée, et pas la moindre: la scène finale avec l'hélicoptère. Belmondo se fait hélitreuiller dans les airs pour surprendre Minos par la fenètre de l'appartement de Paméla Sweet, qui se trouve donc au 25è étage de la fameuse tour. Sur la photo n°1 on voit bien qu'il n'y a dans l'hélicoptère que 3 personnes: le pilote, Belmodo et celui qui manie le treuil électrique. Or, une fois que Belmondo a réussi à entrer dans l'appartement, on voit descendre 3 autres policiers par un filin venant du même hélicoptère. Trop fort! Y'a encore des lapins cachés dans le chapeau ?

La petite histoire ne nous dit pas si notre pauvre script-girl a été renvoyée à la fin du tournage, mais bon, elle nous aura bien fait rire en tout cas!

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commentaires

LaGrandeLara 08/10/2010 15:18


Ah! Mais non! Je défendais un peu les pauvres scriptes mais je ne pétais pas une durite. Je suis la première à jouer au jeu des sept erreurs quand je regarde un film. Et j'ai bien compris que
c'était une personnification pour traiter ces petites erreurs de façon amusante ;-)
Hummm j'avais pourtant bien pris soin de glisser un "lol" et un smiley tout doux qui fait un clin d'oeil pour qu'on aille pas penser que je rouspétais méchant ! ^_^


paul Lecordier 08/10/2010 09:23


mais y'en a qui manque sacrement d'humour... bien sur que c'est pas forcement la faute de la scripte. C'est juste que là, notre ami a pris ce "personnage" comme fil rouge. Pas de quoi peter un tel
cable Y'a de ces Ginette j'vous jure!


LaGrandeLara 18/09/2010 13:39


Ca serait bien trop facile de tout coller sur le dos de la scripte ;-)
C'est lui donner beaucoup d'importance que de penser que ce sont uniquement les erreurs de la scripte et non pas d'une équipe. Avez-vous déjà été sur un tournage ? Les fautes de raccords concernent
tous les corps de métier. Il y a de grosses erreurs de raccords montées bien que sur le papier les scriptes préviennent. Mais on favorisera toujours un plan qui raconte l'histoire ou un plan où la
comédie est ce qu'attend le réalisateur plutôt qu'un plan pourri mais raccord. Et puis, c'est un jeu amusant de repérer ces petites erreurs de continuité ^^
Mais sincèrement, une erreur de bouton est moins dérangeante qu'un plan où les regards ne correspondent pas, où les axes ne sont pas respectés ou bien quand l'unité photographique est rompu à cause
d'un raccord lumière pourave ou d'un mauvais étalonnage. Pire que tout, les dialogues, les textes, les contre-sens des scénaristes que les réalisateurs doivent faire oublier par des subterfuges
idiots. Bref, may the script be with you :-) C'est moche de se défosser sur un seul membre du plateau quand il y a tellement de monde derrière un combo et au montage pour résoudre ces petits
accrocs ! lol


davidfromlille 30/01/2009 21:28

Si vous aimez les faux raccords à gogo je vous conseils vivement "Les prédateurs de la nuit" de Jess Franco !!!
C'est très drôle.

georges athenas 23/01/2009 09:41

Eh oui, j'en loupe pas une...! Il faut quand même dire à la décharge du mpetteur en scène (Henri Verneuil, donc pas n'importe qui !) qu'au départ les spectateurs n'étaient pas censés faire des arrêts sur image (et ceci grace a la vidéo qui a envahit nos vie de spectateurs). Donc toutes ces petites erreurs passaient assez bien inaperçues à l'écran. Surtout que, vu le prix de la place au cinoche, on retournait rarement voir le même film souvent, tandis que maintenant il m'arrive de regarder deux ou trois fois le même film (enfin, plutot les mêmes sequences d'un film) plusieurs fois de suite. Et puis tout cela n'a pas vraiment d'importance, le principal c'est de prendre du plaisir à regarder tout cela, non?