Une fois n’est (toujours pas) coutume, notre Giallo-Queen d’aujourd’hui n’est pas Italienne mais Andalouse. En effet, c’est à Alméria, le 10 Novembre 1938, que naquit Nieves Navarro Garcia. Sa grande beauté lui permet d’entamer une carrière de mannequin « haute couture » à Barcelonne, mais c’est en Italie que va débuter sa carrière d’actrice, en 1964, dans une comédie typique des années 60, « Toto d’Arabia », avec le grand Toto. Durant plus de vingt-cinq ans Nieves Navarro (qui deviendra Susan Scott dès 1969) se fera surtout remarquer dans le cinéma Bis italien, principalement le Western Spaghetti, le Giallo et le Cinéma Erotique (un curieux choix qui surprend surtout par le fait qu’il a lieu alors que l’actrice est presque quadragénaire et donc, quand même, un peu agée pour tourner dans ce genre de productions). C’est sous le pseudonyme de Susan Scott qu’elle joua dans six giallis. Dans le premier, « Le Foto proibite di una signora per bene » (1970), elle y joue le rôle de Dominique, une bourgeoise nymphomane qui est aussi la meilleure amie de l’héroine, Dagmar Lassander, victime d'un maitre chanteur sadique. C’est le premier des trois giallis qu’elle tournera avec son réalisateur de mari, Lucianno Ercoli, et déjà, elle ne nous cache pas grand-chose de sa superbe anatomie. L’année suivante, Ercoli la met de nouveau en scène dans « La morte camina con i tacchi alti » (curieusement rebaptisé en France : « Nuits d'amour et d'épouvante ») où elle joue le rôle de Nicole, stripteaseuse à Paris et fille d’un célèbre voleur de bijoux, qui a des démêlés avec les assassins de son père qui sont à la recherche de diamants que ce dernier aurait caché avant de mourir. De nouveau, les charmes naturels de notre Giallo-Queen sont largement mis en valeur, et Lucianno Ercoli n’hésite pas à transformer sa femme en « Reine de Saba » pour son numéro de cabaret. En 1972, Sergio Martino lui confie le rôle de Barbara Harrisson, la sœur d’Edwige Fenech dans le très sombre « Tutti i colori del buio » (« Toutes les couleurs du vice »),un giallo ou il est question de rites sataniques. Elle n'y apparait pas nue, et pourtat Satan l'habite... La même année, elle retrouve la caméra de son mari pour ce qui est certainement son meilleur giallo : « La Morte accarezza a mezzanotte » (« La mort carresse à minuit »). Elle y joue le rôle de Valentina, un top modèle qui accepte de poser pour des photos alors qu’elle est sous l’influence d’une drogue hallucinogène. Mais durant son trip, Valentina « voit » une jeune femme se faire assassiner. Le meurtre ayant réellement eu lieu, la vie de la pauvre Valentina est désormais menacée après qu’un article relatant son « expérience » parait dans une certaine presse à scandale. Enfin un rôle ou elle n’apparaît pas nue toutes les cinq minutes et peut ainsi faire montre de son talent de comédienne. Et puis, l’année suivante, soit en 1973, Maurizio Pradeaux la fait tourner dans « Passi di danza su una lama di rasoio » (sortit chez nous sous le titre pas très franchouillard « Devil Blade »). Elle est de nouveau le témoin involontaire d’un meurtre, qu’elle aperçoit cette fois-ci à travers un appareil de longue vue. Bien évidement, le tueur va tout faire pour éliminer ce témoin gênant, ce qui a nous occasionner la vison de quelques meurtres et autres tentatives d’élimination assez sympathiques. Ce sera, hélas, son dernier giallo et Susan Scott, comme je le disais plus haut, changera totalement de registre et se spécialisera alors dans les films « érotiques », très en vogue en Italie durant les années 70, tournant notament dans plusieurs « épisodes » de la série « Black Emanuelle » avec Laura Gemser (une autre Giallo Queen dont nous parlerons plus tard…). Susan Scott mit apparemment fin à sa carrière en 1989 et ne semble pas être réapparut sur les écrans, contrairement à d’autres Giallo-Queens (comme Edwige Fenech par exemple) depuis.