Erika Blanc
Née Enrica Bianco Colombatti le 3 juillet 1942 à Brescia (en Lombardie), cette somptueuse rouquine débuta au cinéma dans des parodies de James Bond («Marc Mato, agente S. 077 », « Agente 077 missione Bloody Mary » et « Agente S 03: Operazione Atlantide» ) puis commença à être reconnue dans de nombreux westerns spaghettis ou sa flamboyante crinère ne passait guère inaperçue. Mario Bava la fera connaître mondialement avec « Operazione paura » en 1966. S’il ne la fit tourner dans aucun de ses giallis (elle en tourna 8), d’autres que lui ne se privèrent pas (notamment son fils, Lamberto, hélas !) d’exploiter les formes généreuses de la belle comédienne, en les montrant parfois sous tous les angles possibles. Mino Guerrini lui confie tout d’abord en 1966 dans « Il Terzo occhio » les rôles de Laura et Danièla, deux sœurs jumelles, dont l’une (Laura ) meurt dans un accident de voiture. Franco Nero lui donne la réplique et elle s’en sort admirablement mieux que sa consoeur Gioia Pascal. Il faut noter qu'elle apparait dans le film sous le pseudo de Diana Sullivan.

Dans « Cosi dolce… Cosi pervesa », marié à Jean-Louis Trintignant qui lui préfère Carroll Baker, elle se fait tuer par Horst Frank dans son appartement.


Deux ans après, dans «L’ Uomo più velenoso del cobra » elle s’envole pour le Kenya enquêter sur la mort de son fiancé.

Dans «La Rossa dalla pelle che scotta »,("La peau qui brûke") elle a pour partenaire Farley Granger et joue à elle seule trois rôles différents. Ce n'est pas pour autant que le film est meilleur... Elle revient la même année dans« La Notte che Evelyn uscì dalla tomba » ou elle joue les empoisonneuses, ce qui ne lui réussira pas en fin de compte puisqu elle meurt avant la fin du film.




Dans « Amore e morte nel giardino degli dei », elle entretient des rapports incestueux d’amour et de haine avec son frère qui ne supporte pas son mariage.


En 1974 dans « Una Libélula para cada muerto », elle est la femme d'un inspecteur de police à la poursuite d'un tueur impitoyable qui trucide à tour de bras tous ceux qu'il considère comme étant des "abérations de la nature", à savoir: les putes, les drogués les hippies et bien sur les pédés (on est en plein dans les seventies). Et comme dans la liste de ses victimes se trouve le meilleur ami de notre belle Erika, cette dernière va se lancer, parallèlement à son policier de mari, à la recherche du mystérieux assassin... histoire de lui montrer, à son mari, pas à l'assassin, qu'elle n'est pas aussi cloche que son chapeau!




En 1975, elle tourne dans un giallo-psycho très banal, malgré son titre raccoleur: "Gli erotici di una famiglia per bene", réalisé par Francesco Degli Espinosa ou elle joue le rôle d'une lesbienne réduite sexuellement en esclavage par le mari de sa maitresse. Le film passera assez inaperçu.
Elle mettra un bémol à sa carrière de Giallo-Queen et ne reviendra au genre qu'en 1991, ou Lamberto Bava la fait tourner (en bourrique) dans un giallo fort peu connu (heureusement) : "Body puzzle" . Un navet de la plus pure espèce (celle des Lamberto Bava) ou un tueur mystérieux tue tous ceux qui ont eu le malheur d'avoir été gréffé d’une partie du corps d’une personne morte quelques temps auparavant. Elle interprète le Docteur Tracy, responsable des greffes et fait un peu figure, avec Joanna Paccula, de has-been face à des acteurs inconnus (et qui devraient d’ailleurs le rester).
Erika Blanc épousa le réalisateur Bruno Gaburro en 1962, avec qui elle a eu une fille, Barbara. Séparée de lui, elle a vécu avec l'acteur Alberto Lionello jusqu'à la mort de celui-ci en 1994. Désormais elle a mis sa carrière cinématographique entre parenthèse pour se consacrer presque exclusivement au théatre ainsi qu'à la production de films et de téléfilms (comme sa consoeur Edwige Fenech).